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Loi mosaïque et loi de Christ : 

Peut-on être sauvé par la loi ou par la grâce ?

​​​​​Par Christophe Binette | Publié le 25 juillet 2026

​​​ ​Fondateur de Examine All Things — Études bibliques basées sur les Écritures.

Peut-on être sauvé en obéissant à la loi ? Ou le salut est-il accordé par la grâce, au moyen de la foi en Jésus-Christ ?

Cette question touche directement à notre relation avec Dieu. Elle concerne également la place de l’obéissance dans la vie chrétienne.

La Bible affirme que la loi est « sainte, juste et bonne » (Romains 7:12). Pourtant, Paul enseigne aussi que personne ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi (Romains 3:20).

Comment comprendre ces deux affirmations ?

Quel était le rôle de la loi donnée à Moïse ? Jésus est-il venu l’abolir ou l’accomplir ? Que signifie l’expression « loi de Christ » ? Et si la justification est accordée par grâce, quelle place reste-t-il pour les commandements, l’obéissance et les œuvres ?

Une autre question se pose immédiatement. Jésus déclare que celui qui l’aime garde ses commandements. Jean écrit également que l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements.

Cela signifie-t-il que les chrétiens doivent encore observer les Dix Commandements, le sabbat du septième jour, les dîmes et les fêtes annuelles intégrées à la loi mosaïque ?

Cette étude revient aux textes bibliques afin de distinguer deux questions souvent confondues :

Comment une personne est-elle justifiée devant Dieu ?

Et comment est-elle appelée à vivre dans la vie nouvelle en Christ ?

Cette distinction permet de mieux comprendre la place de la loi, de la grâce, de la foi et de l’obéissance dans le plan de Dieu.

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Contents Sommaire Índice Inhaltsverzeichnis Índice Indice

I. Introduction — Loi mosaïque, loi de Christ et salut

II. La loi mosaïque — Origine, alliance, rôle et limites

III. Jésus-Christ — Accomplissement de la loi et nouvelle alliance

IV. La loi de Christ — Amour, obéissance et transformation intérieure

V. Le sabbat, les dîmes et les fêtes sous la nouvelle alliance

VI. Le salut — Grâce, foi, œuvres et sanctification

VII. Quatre confusions à éviter

VIII. Conclusion — Sauvés par grâce pour vivre en Christ

I. Introduction — Loi mosaïque, loi de Christ et salut


1. Présentation

La relation entre la loi mosaïque, la loi de Christ et le salut soulève depuis longtemps de nombreuses questions.

Comment une personne est-elle déclarée juste devant Dieu ? Quel rôle la loi joue-t-elle ? Et quelle place l’obéissance occupe-t-elle dans la vie chrétienne ?

Dans cette étude, l’expression « loi mosaïque » désigne l’ensemble des commandements intégrés à l’alliance conclue entre Dieu et Israël par l’intermédiaire de Moïse.

Cela ne signifie pas que chaque principe ou chaque pratique est apparu pour la première fois au Sinaï. Le septième jour est béni et sanctifié dès le récit de la création. Israël reçoit également des instructions concernant le sabbat avant la conclusion de l’alliance au Sinaï.

Les sacrifices et la circoncision existaient eux aussi avant Moïse.

Cependant, l’ancienneté d’une pratique ne suffit pas à démontrer qu’elle demeure obligatoire sous la nouvelle alliance. Il faut également examiner la fonction qu’elle a reçue dans chaque alliance et la manière dont Jésus et les apôtres l’ont enseignée.

Dieu donna la loi à Israël après l’avoir délivré de l’esclavage en Égypte. Le peuple n’avait donc pas à mériter sa libération par son obéissance. Dieu l’avait d’abord délivré, puis il lui avait enseigné comment vivre dans une relation d’alliance avec lui.

Paul rappelle la valeur de cette loi :

« La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. »

— Romains 7:12

Mais il affirme également :

« Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. »

— Romains 3:20

La loi révélait la volonté de Dieu et mettait le péché en lumière. Elle ne pouvait cependant pas, par sa seule présence, effacer les fautes commises ni produire un cœur nouveau.

Avec la venue de Jésus-Christ, la loi et les prophètes atteignent leur accomplissement.

« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. »

— Matthieu 5:17

Le Nouveau Testament parle également de la loi de Christ :

« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. »

— Galates 6:2

Il faut donc comprendre ce qui demeure, ce qui trouve son accomplissement en Christ et ce qui appartient spécifiquement à l’alliance conclue avec Israël.


2. Objectif de l’étude

Certains chrétiens considèrent que les Dix Commandements demeurent directement applicables sous la nouvelle alliance. Ils continuent parfois à observer le sabbat du septième jour et certaines prescriptions mosaïques, comme la dîme, ce que certaines traditions appellent la deuxième et la troisième dîme, ou les sabbats annuels, notamment la fête des Tabernacles.

Ils estiment que l’amour envers Dieu se manifeste nécessairement par l’obéissance à ses commandements. Dès lors, si un croyant aime véritablement Dieu, il devrait continuer à observer certaines prescriptions de la loi mosaïque.

Cette manière de raisonner soulève une question essentielle : lorsque Jésus et les apôtres parlent des « commandements de Dieu » ou des « commandements de Christ », désignent-ils l’ensemble des prescriptions de l’alliance mosaïque, certaines d’entre elles ou l’enseignement propre à la nouvelle alliance ?

D’autres chrétiens estiment que l’alliance mosaïque a atteint son accomplissement en Jésus-Christ et que les croyants ne sont plus placés sous cette alliance comme cadre légal.

D’autres encore distinguent les principes moraux permanents des dispositions civiles, cérémonielles ou nationales données spécifiquement à Israël. Les critères utilisés pour établir cette distinction ne sont toutefois pas toujours expliqués de la même manière.

Cette étude cherche donc à répondre à plusieurs questions :

Les Dix Commandements s’appliquent-ils aujourd’hui exactement comme sous l’alliance du Sinaï ? Le sabbat est-il une obligation de la nouvelle alliance ? Les dîmes et les fêtes annuelles sont-elles encore imposées à tous les croyants ? Comment aimer Dieu et garder ses commandements sans replacer le croyant sous l’ensemble de l’alliance mosaïque ?

L’objectif n’est pas de déclarer que toute pratique issue de l’Ancien Testament serait mauvaise ou inutile. Il est de déterminer si ces pratiques demeurent des obligations universelles, si elles relèvent d’une conviction personnelle ou si elles trouvent en Jésus-Christ une forme nouvelle d’accomplissement.

Au-delà de l'explication théologique, l'objectif est de fournir une compréhension équilibrée, fondée sur les Écritures, qui aide chaque personne à discerner la place de la loi, de la grâce et de la foi dans sa relation personnelle avec Dieu.

II. La loi mosaïque — Origine, alliance, rôle et limites


1. Une loi donnée à Israël après la sortie d’Égypte

La loi mosaïque, aussi appelée loi de Moïse ou Torah, désigne les commandements transmis par Dieu au peuple d’Israël par l’intermédiaire de Moïse.

Dieu donne cette loi après avoir délivré les Israélites de l’esclavage.

Cet ordre est important. Israël n’a pas obéi pour mériter sa libération. Dieu l’a d’abord délivré, puis il lui a enseigné comment vivre comme son peuple.

La loi n’était donc pas un moyen d’acheter la faveur de Dieu. Elle constituait le cadre de vie d’un peuple déjà libéré et placé dans une relation d’alliance.


2. Le cadre de l’alliance conclue au Sinaï

Au mont Sinaï, Dieu déclare :

« Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples […] vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. »

— Exode 19:5-6

La loi exprimait concrètement cette alliance. Elle définissait la manière dont Israël devait honorer Dieu et vivre au milieu des nations.

L’obéissance était liée aux bénédictions de l’alliance. La désobéissance persistante exposait le peuple à la discipline et au jugement.

Cela ne signifie pas que chaque Israélite obéissant devenait parfait ou méritait automatiquement la vie éternelle. La loi concernait d’abord la relation d’Israël avec Dieu comme peuple de l’alliance.


3. Des pratiques antérieures au Sinaï

Certains principes ou certaines pratiques intégrés à la loi mosaïque existaient avant la conclusion de l’alliance au Sinaï.

Après la création, Dieu se repose le septième jour, le bénit et le sanctifie (Genèse 2:2-3). Le texte ne rapporte pas encore un commandement adressé à toute l’humanité, mais il établit l’importance particulière du septième jour.

Dans Exode 16, Israël reçoit des instructions précises concernant le sabbat avant d’arriver au mont Sinaï.

Abraham donne également la dîme à Melchisédek. Jacob promet à Dieu le dixième de ce qu’il recevra. Des sacrifices apparaissent dès les premiers chapitres de la Genèse.

Cependant, une pratique antérieure à Moïse n’est pas automatiquement une obligation universelle pour les chrétiens.

La circoncision en fournit un exemple important. Elle fut donnée à Abraham plusieurs siècles avant Moïse. Pourtant, les apôtres ont explicitement refusé de l’imposer aux croyants issus des nations comme condition d’appartenance au peuple de Dieu.

Il faut donc examiner non seulement l’ancienneté d’une pratique, mais aussi sa fonction dans chaque alliance.


4. Une loi pour organiser toute la vie du peuple

La loi mosaïque encadrait l’ensemble de la vie d’Israël.

Elle comprenait les Dix Commandements, mais aussi des instructions concernant les sacrifices, le sacerdoce, les fêtes, l’alimentation, la pureté, la famille, la justice, les terres, les dettes et les relations sociales.

Les Dix Commandements rappelaient les devoirs envers Dieu : rejeter l’idolâtrie, respecter son nom et observer le sabbat.

Ils enseignaient également comment vivre avec les autres : honorer ses parents, ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas voler, ne pas mentir et ne pas convoiter.

On classe parfois les commandements en lois morales, civiles, cérémonielles ou alimentaires. Cette distinction peut être utile pour l’étude. Mais la Torah elle-même les présente comme les différentes composantes d’une même alliance.

La loi avait aussi une dimension sociale importante. Elle protégeait les pauvres, les veuves, les orphelins et les étrangers. Elle condamnait l’injustice, les faux témoignages, la violence et l’exploitation.

Israël était appelé à refléter la sainteté, la justice et la miséricorde de Dieu.


5. Le sabbat comme signe de l’alliance

Le sabbat possède un lien avec la création, mais il reçoit une fonction particulière dans l’alliance mosaïque.

Dans Exode 31:13-17, il est présenté comme un signe entre Dieu et les enfants d’Israël. Il rappelle la création dans Exode 20 et la délivrance d’Égypte dans Deutéronome 5.

Le sabbat ne peut donc pas être étudié uniquement comme un principe général de repos. Il appartient aussi à l’identité religieuse et nationale d’Israël sous l’alliance du Sinaï.

La question pour le chrétien est de savoir si cette fonction de signe demeure obligatoire sous la nouvelle alliance.


6. Les dîmes dans la vie d’Israël

La loi mosaïque contenait plusieurs dispositions concernant les dîmes.

Une dîme était destinée au soutien des Lévites, qui ne recevaient pas de territoire comparable à celui des autres tribus (Nombres 18:21-24).

Deutéronome décrit également une dîme consommée dans le cadre des fêtes, ainsi qu’une dîme recueillie la troisième année pour les Lévites, les étrangers, les orphelins et les veuves (Deutéronome 14:22-29 ; 26:12).

Certaines traditions désignent ces dispositions comme la première, la deuxième et la troisième dîme. La Bible ne les nomme pas toujours de cette manière, mais elle présente bien plusieurs usages liés aux dîmes.

Ces prescriptions étaient rattachées aux récoltes, à la terre d’Israël, au sacerdoce lévitique, aux fêtes et à l’organisation sociale du peuple.

Il faut donc déterminer si le Nouveau Testament impose aux croyants le même système, avec les mêmes fonctions et les mêmes bénéficiaires.


7. Les fêtes annuelles

Lévitique 23 présente les fêtes de l’Éternel : la Pâque, les pains sans levain, la Pentecôte, les trompettes, le Jour des expiations et la fête des Tabernacles, notamment.

Ces fêtes rythmaient la vie religieuse et nationale d’Israël. Elles commémoraient les actes de Dieu et portaient également une signification prophétique.

Jésus et les premiers disciples participèrent à plusieurs de ces fêtes en tant que membres du peuple juif.

Leur participation ne démontre cependant pas, à elle seule, que ces fêtes aient été imposées à l’ensemble des croyants issus des nations après l’établissement de la nouvelle alliance.


8. La loi révèle le péché

Paul explique :

« C’est par la loi que vient la connaissance du péché. »

— Romains 3:20

La loi agit comme une lumière. Elle rend le péché visible.

Elle peut aussi être comparée à un miroir. Un miroir révèle l’état d’une personne, mais il ne peut pas la nettoyer. De même, la loi montre la faute, mais elle ne peut pas, par sa seule présence, transformer celui qui désobéit.

Cette limite ne vient pas d’un défaut dans la loi. Elle vient de la faiblesse de l’être humain.

La Torah demandait déjà une obéissance intérieure :

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

— Deutéronome 6:5

Le problème n’était donc pas que l’Ancien Testament se serait limité aux comportements extérieurs. Le problème était le cœur humain, souvent incapable ou peu disposé à obéir fidèlement.


9. Les sacrifices et la nécessité d’une expiation

La loi prévoyait un système de sacrifices et un sacerdoce.

Ces sacrifices montraient que le péché avait des conséquences et qu’une expiation était nécessaire. Le Jour des expiations, décrit dans Lévitique 16, occupait une place particulière dans la vie d’Israël.

Cependant, ces sacrifices devaient être répétés. Ils ne constituaient pas une solution définitive au problème du péché.

L’épître aux Hébreux explique :

« Car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. »

— Hébreux 10:4

Les sacrifices annonçaient donc une expiation plus grande et définitive.


10. Ce que la loi ne pouvait pas accomplir

La loi pouvait enseigner, corriger, protéger et révéler le péché. Mais elle ne pouvait pas procurer la justification définitive.

Elle ne pouvait pas davantage ôter pleinement le péché ni produire, par sa seule présence, un cœur nouveau.

C’est pourquoi Dieu annonça une nouvelle alliance :

« Je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

— Jérémie 31:33

La réponse au problème humain ne consistait donc pas simplement à ajouter davantage de commandements. Il fallait une expiation définitive et une intervention de Dieu dans le cœur.

Cette promesse ne signifie pas nécessairement que chaque prescription de l’alliance du Sinaï serait reproduite à l’identique dans le cœur. Elle doit être comprise dans le cadre de la nouvelle alliance inaugurée par Jésus-Christ.

III. Jésus-Christ — Accomplissement de la loi et nouvelle alliance


1. « Non pour abolir, mais pour accomplir »

Jésus déclare :

« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. »

— Matthieu 5:17

Accomplir ne signifie pas simplement conserver chaque disposition de l’alliance mosaïque sans aucun changement.

Jésus accomplit la loi en réalisant le but. Il accomplit aussi les prophéties, les promesses et les figures qui annonçaient sa venue.

La loi et les prophètes trouvent en lui leur cohérence et leur aboutissement.


2. Une obéissance parfaite

Jésus vit sans péché.

Là où les êtres humains ont désobéi, il demeure fidèle au Père. Sa vie révèle parfaitement la justice, l’amour, la miséricorde et la sainteté de Dieu.

Son obéissance ne se limite pas à une conformité extérieure. Elle exprime une fidélité totale à la volonté de son Père.

Il peut ainsi offrir sa vie pour les autres, non pour ses propres péchés, mais pour ceux de l’humanité.


3. Les figures anciennes accomplies en Christ

L’agneau pascal, les sacrifices, le sacerdoce et le sanctuaire préparaient la compréhension de l’œuvre de Jésus-Christ.

Jésus est présenté comme l’Agneau de Dieu, le souverain sacrificateur et le médiateur de la nouvelle alliance.

Les sacrifices ne sont donc pas simplement supprimés sans accomplissement. Ils trouvent leur réalité définitive dans le sacrifice de Christ.

Il en va de même du sacerdoce. L’épître aux Hébreux déclare :

« Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. »

— Hébreux 7:12

La nouvelle alliance n’est donc pas une simple copie de l’alliance du Sinaï avec davantage de spiritualité. Elle repose sur un médiateur supérieur, un sacrifice définitif et un autre sacerdoce.


4. Le sacrifice définitif

L’épître aux Hébreux oppose les sacrifices répétés à l’offrande unique du Christ :

« Lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. »

— Hébreux 10:12

Le pardon ne repose donc plus sur la répétition de sacrifices d’animaux. Il repose sur l’œuvre accomplie par Jésus-Christ.


5. La volonté de Dieu révélée dans toute sa profondeur

Dans le Sermon sur la montagne, Jésus montre que le péché ne commence pas seulement dans les actes visibles.

La colère peut être à la racine du meurtre. La convoitise peut être à la racine de l’adultère. L’hypocrisie peut se cacher derrière des pratiques religieuses apparemment justes.

Jésus ne rend pas la volonté de Dieu moins exigeante. Il en révèle la profondeur.

La véritable justice concerne les actes, mais aussi le cœur, les motivations, le pardon, la miséricorde et la vérité.

Cette dimension intérieure existait déjà dans la Torah. Jésus la place toutefois au centre de la vie de ses disciples et l’associe à la transformation produite par le Saint-Esprit.


6. L’établissement de la nouvelle alliance

Lors du dernier repas avec ses disciples, Jésus parle de son sang comme du sang de la nouvelle alliance.

Cette alliance repose sur son sacrifice et sur l’action du Saint-Esprit.

L’épître aux Hébreux reprend la prophétie de Jérémie et déclare :

« En disant : une alliance nouvelle, il a déclaré la première ancienne ; or, ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître. »

— Hébreux 8:13

Le texte parle de l’alliance devenue ancienne. Il ne signifie pas que l’Ancien Testament serait désormais inutile ou dépourvu d’autorité.

L’Ancien Testament demeure la parole de Dieu. Il témoigne de Christ, révèle le caractère de Dieu et instruit le croyant.

Mais le peuple de Dieu n’est plus placé sous l’alliance du Sinaï comme cadre légal. Il vit sous la nouvelle alliance, sous l’autorité de Jésus-Christ.


7. Le concile de Jérusalem

Actes 15 constitue un passage central pour comprendre la relation des croyants issus des nations avec la loi mosaïque.

Certains croyants enseignaient :

« Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. »

— Actes 15:1

D’autres affirmaient qu’il fallait circoncire les non-Juifs et leur ordonner d’observer la loi de Moïse (Actes 15:5).

Les apôtres refusèrent de leur imposer ce joug. Ils ne demandèrent pas aux croyants issus des nations d’entrer dans l’alliance mosaïque par la circoncision ni d’observer l’ensemble de la loi donnée à Israël.

Les instructions retenues concernaient notamment l’idolâtrie, l’immoralité sexuelle, les viandes sacrifiées aux idoles et le sang.

Actes 15 ne constitue pas une liste complète de toute la morale chrétienne. Mais il montre que l’Église n’a pas imposé l’ensemble de la loi mosaïque aux croyants issus des nations.

Il est également significatif que la circoncision, le sabbat, le système des dîmes et les fêtes annuelles ne soient pas présentés comme des conditions nécessaires à leur appartenance à la nouvelle alliance.

IV. La loi de Christ — Amour, obéissance et transformation intérieure


1. Que signifie l’expression « loi de Christ » ?

Paul écrit :

« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. »

— Galates 6:2

Il affirme également ne pas être sans loi devant Dieu, mais être sous la loi de Christ (1 Corinthiens 9:21).

La loi de Christ comprend l’enseignement de Jésus, son exemple et l’autorité qu’il exerce sur ses disciples.

Elle ne doit pas être comprise comme une simple version raccourcie de la loi mosaïque. Elle décrit la manière de vivre de ceux qui appartiennent au Christ, se soumettent à son autorité et reçoivent son Esprit.

Le croyant n’est donc pas sans direction morale. Il est appelé à écouter et à suivre Jésus-Christ.


2. Aimer Dieu et aimer son prochain

Jésus résume la loi et les prophètes par deux commandements :

« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. […] Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

— Matthieu 22:37-39

Ces commandements existaient déjà dans la Torah. Jésus ne les invente donc pas.

Mais il les place au centre de la vie de ses disciples et montre que tous les autres commandements doivent être compris à la lumière de l’amour.

L’amour n’est pas un sentiment vague permettant à chacun de décider lui-même ce qui est bien. Il se manifeste par la fidélité, la vérité, la justice, le service, la miséricorde et l’obéissance.

Paul écrit :

« L’amour ne fait point de mal au prochain : l’amour est donc l’accomplissement de la loi. »

— Romains 13:10


3. « Si vous m’aimez, gardez mes commandements »

Jésus déclare :

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements. »

— Jean 14:15

Cette parole affirme clairement que l’amour envers Christ produit l’obéissance.

Mais Jésus parle ici de ses commandements. Le contexte de l’Évangile de Jean insiste notamment sur la foi en Christ, le fait de demeurer dans sa parole et l’amour fraternel.

Jean écrit également :

« Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. »

— 1 Jean 5:3

Cette déclaration doit être comprise dans le contexte général de la lettre. Jean résume lui-même le commandement de Dieu de la manière suivante :

« Et c’est ici son commandement : que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ, et que nous nous aimions les uns les autres, selon le commandement qu’il nous a donné. »

— 1 Jean 3:23

Jean parle également de la justice, de la vérité et du refus du péché. Il ne réduit donc pas l’obéissance à un sentiment sans contenu moral.

Cependant, ses paroles ne peuvent pas être utilisées, sans démonstration supplémentaire, pour identifier automatiquement les « commandements de Dieu » à toutes les prescriptions de l’alliance mosaïque.

Les sacrifices, la circoncision et les règles du sanctuaire étaient eux aussi des commandements donnés par Dieu. Pourtant, le Nouveau Testament montre qu’ils trouvent leur accomplissement en Christ et ne sont plus appliqués sous la même forme.

La véritable question n’est donc pas de choisir entre l’amour et l’obéissance. Elle consiste à déterminer quelle obéissance est demandée sous la nouvelle alliance.


4. « Comme je vous ai aimés »

Jésus donne à ses disciples un commandement nouveau :

« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. »

— Jean 13:34

Le commandement d’aimer existait déjà. La nouveauté apparaît particulièrement dans la mesure et le modèle de cet amour : comme Jésus nous a aimés.

Cet amour est humble, fidèle et prêt à servir. Il ne cherche pas à dominer les autres. Il se préoccupe des personnes fragiles et accepte de se sacrifier pour leur bien.

La loi de Christ demande donc un amour concret, visible dans les relations.


5. Porter les fardeaux les uns des autres

Paul relie directement la loi de Christ au fait de porter les fardeaux.

Cela signifie soutenir ceux qui souffrent, aider celui qui tombe et restaurer avec douceur la personne qui s’égare.

La vie chrétienne ne consiste pas seulement à défendre des doctrines justes. Elle se manifeste aussi dans la manière dont nous traitons les autres.

Une communauté peut posséder une connaissance doctrinale importante et néanmoins manquer la loi de Christ si elle humilie, écrase ou abandonne les personnes fragiles.

La fidélité ne se mesure donc pas uniquement à l’observation de jours, de fêtes ou de pratiques financières. Elle se voit également dans l’amour, la justice, la miséricorde et le service.


6. Une vie conduite par le Saint-Esprit

La loi de Christ ne peut pas être vécue par la seule force de la volonté humaine.

Paul appelle les croyants à marcher selon l’Esprit :

« Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. »

— Galates 5:16

Le Saint-Esprit ne supprime pas la responsabilité du croyant. Il le conduit à lutter contre le péché et à produire un fruit nouveau : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi.

La vie sous la loi de Christ est donc une vie sous l’autorité de Jésus et conduite par le Saint-Esprit.

V. Le sabbat, les dîmes et les fêtes sous la nouvelle alliance


1. Les Dix Commandements sous la nouvelle alliance

Les Dix Commandements occupent une place particulière dans l’alliance conclue au Sinaï.

Le Nouveau Testament reprend clairement plusieurs des exigences qu’ils expriment : rejeter l’idolâtrie, honorer ses parents, ne pas tuer, ne pas commettre d’adultère, ne pas voler, ne pas mentir et ne pas convoiter.

Ces exigences ne s’appliquent pas parce que les croyants seraient replacés sous l’alliance du Sinaï. Elles sont confirmées et approfondies dans l’enseignement de Jésus et des apôtres.

Le Nouveau Testament ne présente toutefois pas les Dix Commandements comme un bloc simplement transféré, sans aucun changement, de l’ancienne alliance à la nouvelle.

La question du sabbat demande notamment un examen particulier, car son statut est traité différemment des interdictions concernant l’idolâtrie, le meurtre, l’adultère ou le vol.


2. Le sabbat sous la nouvelle alliance

Le septième jour est béni et sanctifié dans le récit de la création. Le sabbat est ensuite commandé à Israël avant l’arrivée au Sinaï, puis intégré aux Dix Commandements.

Dans l’alliance mosaïque, il devient aussi un signe particulier entre Dieu et les enfants d’Israël.

Jésus observait le sabbat. Cela est naturel puisqu’il était né sous la loi et vivait au sein du peuple juif.

Il corrigea cependant les interprétations légalistes qui transformaient le sabbat en un fardeau. Il enseigna que le sabbat avait été fait pour l’homme, que le Fils de l’homme en était le maître et qu’il était permis d’y faire du bien.

Ces paroles révèlent la valeur et la finalité bienfaisante du sabbat. Elles ne règlent toutefois pas, à elles seules, la question de son statut obligatoire pour l’ensemble de l’Église sous la nouvelle alliance.

Après la résurrection de Jésus, les apôtres n’imposent pas explicitement l’observation du sabbat du septième jour aux croyants issus des nations.

Actes 15 ne le mentionne pas parmi les instructions données aux non-Juifs.

Paul écrit également :

« Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. »

— Colossiens 2:16-17

Les interprétations de ce passage varient.

Certains pensent que Paul vise seulement une mauvaise utilisation de ces pratiques ou des sabbats annuels. D’autres considèrent que la succession « fête, nouvelle lune, sabbats » correspond naturellement à un cycle annuel, mensuel et hebdomadaire.

Quelle que soit l’interprétation précise donnée aux sabbats mentionnés, l’instruction centrale de Paul demeure claire : les croyants ne doivent pas se laisser condamner ou juger au sujet de ces observances.

Romains 14 ne nomme pas explicitement le sabbat. Paul y établit néanmoins un principe important :

« Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. »

— Romains 14:5

Ce passage ne suffit pas, à lui seul, à régler toute la question du sabbat. Il montre cependant que la distinction entre certains jours ne doit pas devenir un motif de mépris ou de jugement entre croyants.

Hébreux 4 parle également d’un repos réservé au peuple de Dieu. Les interprétations du terme employé varient. Le passage se concentre principalement sur l’entrée dans le repos de Dieu par la foi et sur la nécessité de ne pas imiter l’incrédulité d’Israël. Il ne contient pas un commandement explicite imposant le sabbat hebdomadaire à l’ensemble de l’Église.

Un chrétien peut donc choisir d’observer le sabbat du septième jour afin d’honorer Dieu, de se reposer et de se consacrer à lui.

Mais le Nouveau Testament ne le présente pas clairement comme une condition universelle de la nouvelle alliance, comme un moyen de justification ou comme le test décisif permettant de déterminer qui aime réellement Dieu.


3. Les dîmes sous la nouvelle alliance

Le Nouveau Testament enseigne clairement la générosité.

Les croyants sont appelés à soutenir ceux qui enseignent, à aider les pauvres et à donner librement, selon leurs moyens et avec un cœur volontaire.

Paul écrit :

« Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. »

— 2 Corinthiens 9:7

Il rappelle aussi que ceux qui annoncent l’Évangile peuvent vivre de l’Évangile (1 Corinthiens 9:13-14) et que celui qui reçoit l’enseignement de la parole doit faire part de ses biens à celui qui l’enseigne (Galates 6:6).

Ces textes établissent la responsabilité du partage et du soutien matériel. Mais ils ne réimposent pas explicitement le système complet des dîmes mosaïques.

Le fait qu’Abraham ait donné la dîme à Melchisédek montre que cette pratique existait avant Moïse. Cependant, le récit rapporte un acte précis d’Abraham après une victoire. Il ne contient pas un commandement universel adressé à tous les croyants.

Hébreux 7 utilise cet événement pour montrer la supériorité du sacerdoce de Melchisédek sur celui de Lévi. Le passage ne formule pas un commandement imposant une dîme chrétienne.

Matthieu 23:23 est également parfois cité. Jésus y reproche aux scribes et aux pharisiens de donner la dîme tout en négligeant la justice, la miséricorde et la fidélité.

Jésus s’adresse alors à des personnes vivant sous l’alliance mosaïque avant sa mort et l’inauguration de la nouvelle alliance. Ce texte montre qu’elles ne devaient pas utiliser leur précision religieuse pour négliger les exigences les plus importantes de la loi. Il ne suffit pas, à lui seul, à établir un système obligatoire de dîme pour l’Église.

Un chrétien peut choisir de donner dix pour cent, davantage ou selon une autre discipline régulière. Une telle décision peut être sage, généreuse et utile.

Elle ne doit toutefois pas être présentée comme une condition du salut, comme une obligation financière permettant à une organisation de contrôler les croyants ou comme une preuve supérieure de fidélité.

Le principe de la nouvelle alliance est celui d’un don volontaire, généreux, proportionné aux moyens de chacun et motivé par l’amour.


4. Les fêtes annuelles sous la nouvelle alliance

Les fêtes bibliques appartenaient au calendrier religieux et national d’Israël. Elles portaient une riche signification historique et prophétique.

La Pâque rappelait la délivrance d’Égypte. Les pains sans levain, la Pentecôte, les trompettes, le Jour des expiations et la fête des Tabernacles possédaient chacun une fonction particulière dans la vie du peuple.

Le Nouveau Testament montre que plusieurs de leurs symboles trouvent leur accomplissement en Jésus-Christ.

Paul présente notamment Christ comme notre Pâque. Il utilise aussi l’image des pains sans levain pour appeler les croyants à vivre dans la sincérité et la vérité (1 Corinthiens 5:7-8).

Ce langage montre la richesse spirituelle et prophétique de ces fêtes. Il ne constitue pas nécessairement un commandement imposant leur observance littérale à l’ensemble des Églises.

Les premiers croyants juifs continuèrent naturellement à participer à certaines fêtes dans leur contexte culturel et religieux.

Cependant, les apôtres ne les imposèrent pas aux croyants issus des nations comme condition du salut, de l’obéissance ou de l’appartenance à l’Église.

Actes 15 ne les mentionne pas parmi les instructions données aux non-Juifs. Colossiens 2 demande également que personne ne juge les croyants au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune ou des sabbats.

Un chrétien peut choisir de commémorer certaines fêtes bibliques afin de mieux comprendre l’histoire du salut et l’œuvre de Jésus-Christ.

Une telle pratique ne doit pas être méprisée. Elle ne doit pas non plus être transformée en obligation universelle sans enseignement apostolique explicite.


5. Pratique volontaire ou obligation universelle ?

Il existe une différence importante entre pratiquer quelque chose par conviction personnelle et l’imposer comme une obligation de la nouvelle alliance.

Un croyant peut choisir de se reposer le sabbat, de célébrer certaines fêtes ou de donner dix pour cent de ses revenus.

Ces pratiques peuvent être accomplies sincèrement pour honorer Dieu.

Mais elles ne doivent pas devenir :

  • un moyen de mériter la faveur de Dieu ;
  • une condition du salut ;
  • une preuve unique d’amour envers Dieu ;
  • un critère permettant de déterminer qui est un véritable chrétien ;
  • un moyen pour une organisation religieuse d’exercer une domination sur les consciences.

Inversement, celui qui ne pratique pas ces choses ne doit pas mépriser celui qui les observe.

La liberté chrétienne n’est pas une autorisation de vivre sans Dieu. Elle est la liberté de suivre Jésus-Christ sans être replacé sous un système que les apôtres n’ont pas imposé à l’Église.

VI. Le salut — Grâce, foi, œuvres et sanctification


1. Les œuvres de la loi ne peuvent pas justifier

Paul affirme :

« Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi. »

— Romains 3:20

La justification est l’acte par lequel Dieu déclare juste celui qui croit en Jésus-Christ.

Les œuvres de la loi ne peuvent pas produire cette justification. La loi révèle que tous ont péché et que personne ne répond parfaitement à la justice de Dieu.

La loi peut montrer ce qui est juste. Elle ne peut pas effacer les transgressions déjà commises.

Si la justification dépendait d’une obéissance parfaite, personne ne pourrait être déclaré juste.


2. Le salut offert par grâce

Le salut vient de l’initiative de Dieu :

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. »

— Éphésiens 2:8-9

La grâce est un don immérité.

Elle ne récompense pas une personne qui aurait réussi à devenir suffisamment juste par ses propres efforts. Elle offre le pardon et la réconciliation à celui qui se tourne vers Dieu par Jésus-Christ.

Le salut ne repose donc pas sur la qualité de nos performances, mais sur l’œuvre accomplie par Christ.


3. La foi en Jésus-Christ

La foi ne se réduit pas à reconnaître intellectuellement que Jésus a existé.

Elle consiste à placer sa confiance en lui, à recevoir son œuvre et à se soumettre à son autorité.

Paul écrit :

« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. »

— Romains 5:1

La foi ne constitue pas une œuvre permettant de mériter la grâce. Elle reçoit ce que Dieu offre.

Elle conduit également à la repentance, car croire en Christ implique de reconnaître notre péché et notre besoin de pardon.


4. Les œuvres comme fruit d’une foi vivante

Éphésiens 2 ne s’arrête pas au verset 9.

Paul poursuit :

« Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. »

— Éphésiens 2:10

Les œuvres ne sont pas la cause du salut. Elles en sont le fruit.

Jacques affirme qu’une foi sans œuvres est morte. Il ne dit pas que les œuvres achètent le pardon. Il montre qu’une foi véritable ne reste pas sans conséquence dans la vie.

L’amour, la justice, la générosité, le service et l’obéissance témoignent d’une relation vivante avec Dieu.


5. La grâce qui transforme

La grâce n’est pas une autorisation de continuer volontairement dans le péché.

Paul demande :

« Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! »

— Romains 6:1-2

La grâce pardonne, mais elle transforme aussi.

Elle enseigne au croyant à renoncer à l’impiété et à vivre avec sagesse, justice et piété (Tite 2:11-12).

Elle ne dit pas que le péché n’a plus d’importance. Elle libère le croyant afin qu’il puisse vivre autrement.


6. La sanctification

La sanctification désigne la transformation progressive du croyant.

Celui-ci ne devient pas immédiatement parfait. Il continue à lutter contre le péché, à apprendre l’obéissance et à grandir dans l’amour.

Cette croissance repose sur l’action du Saint-Esprit, mais elle implique aussi la foi, la repentance, la vigilance et la persévérance.

Il faut distinguer la conviction de la condamnation.

La conviction révèle une faute précise et conduit à la repentance et au retour vers Dieu.

La condamnation écrase la personne et lui fait croire qu’elle doit acheter son pardon ou qu’elle ne possède plus aucun accès à la grâce.

Paul écrit :

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »

— Romains 8:1

Cela ne signifie pas que le croyant n’a plus besoin de correction. Cela signifie qu’il peut reconnaître ses fautes et revenir à Dieu en s’appuyant sur l’œuvre de Jésus-Christ.

VII. Quatre confusions à éviter


1. Croire que l’obéissance peut mériter la justification

L’obéissance est importante, mais elle ne peut pas acheter le salut.

Chercher à devenir juste devant Dieu par ses propres performances conduit souvent à la culpabilité ou à l’orgueil.

La culpabilité apparaît lorsque la personne constate qu’elle n’arrive jamais à être suffisamment parfaite.

L’orgueil apparaît lorsqu’elle se compare aux autres et pense avoir mieux réussi qu’eux.

Dans les deux cas, le regard se détourne de l’œuvre de Jésus-Christ.


2. Croire que la grâce supprime toute obligation d’obéir

L’erreur opposée consiste à penser que la grâce permet de vivre sans se soucier de la volonté de Dieu.

La grâce ne transforme pas le mal en bien. Elle ne supprime pas l’appel à la repentance, à la justice, à la fidélité et à l’amour.

La liberté chrétienne n’est pas l’absence de toute autorité. Elle est la liberté de suivre Jésus-Christ sous la conduite du Saint-Esprit.


3. Identifier automatiquement les commandements de Dieu à toute la loi mosaïque

Affirmer que l’amour de Dieu produit l’obéissance est bibliquement juste.

La difficulté apparaît lorsque l’on suppose que toutes les prescriptions de l’alliance mosaïque demeurent obligatoires sous la même forme.

Les sacrifices, la circoncision, les règles du sanctuaire et le sacerdoce lévitique étaient bien des commandements donnés par Dieu.

Pourtant, le Nouveau Testament montre qu’ils trouvent leur accomplissement en Christ et ne s’appliquent plus de la même manière.

L’expression « commandements de Dieu » doit donc être comprise selon son contexte, à la lumière de Jésus-Christ et de la nouvelle alliance.

Le véritable enjeu n’est pas de choisir entre l’amour et l’obéissance. Il est d’identifier fidèlement l’obéissance demandée aux disciples de Jésus.


4. Transformer certaines pratiques en conditions du salut

Un croyant peut choisir d’observer le sabbat, certaines fêtes ou une discipline de don régulière afin d’honorer Dieu.

Une telle pratique ne doit pas être méprisée.

Elle ne doit pas non plus être transformée en moyen de justification, en preuve unique d’amour envers Dieu ou en condition imposée à tous les croyants.

Une organisation religieuse ne devrait pas non plus utiliser ces pratiques pour maintenir ses membres dans la peur, leur faire croire qu’ils perdraient le salut en quittant l’organisation ou exiger une fidélité qui appartient à Dieu et à Jésus-Christ.

Inversement, celui qui ne pratique pas ces choses ne doit pas mépriser celui qui les observe sincèrement.Au-delà de l'explication théologique, l'objectif est de fournir une compréhension équilibrée, fondée sur les Écritures, qui aide chaque personne à discerner la place de la loi, de la grâce et de la foi dans sa relation personnelle avec Dieu.

VIII. Conclusion — Sauvés par grâce pour vivre en Christ


1. La place de la loi, de la grâce et de la foi

La loi mosaïque a été donnée à Israël dans le cadre de l’alliance du Sinaï.

Elle révélait la volonté de Dieu, définissait le péché et organisait la vie du peuple. Ses sacrifices, son sacerdoce et ses fêtes préparaient et annonçaient une œuvre plus grande.

Jésus-Christ accomplit la loi et les prophètes. Par sa vie, sa mort et sa résurrection, il inaugure la nouvelle alliance et offre une expiation définitive.

Le salut est accordé par grâce, au moyen de la foi. Il ne repose pas sur les mérites humains.


2. Une liberté qui conduit à l’obéissance

Le croyant n’est plus placé sous l’alliance mosaïque comme cadre légal.

Mais il n’est pas sans loi devant Dieu. Il est sous la loi de Christ.

Cette liberté ne conduit pas à l’indifférence. Elle conduit à une obéissance produite par la foi et le Saint-Esprit.

Le chrétien n’obéit pas afin d’acheter l’amour de Dieu. Il obéit parce qu’il a reçu cet amour et désire suivre Jésus-Christ.


3. Aimer Dieu et garder ses commandements

Aimer Dieu signifie réellement lui obéir.

Mais cette obéissance doit être définie par le Fils que Dieu a envoyé et par l’enseignement transmis aux croyants sous la nouvelle alliance.

Il ne suffit donc pas de répéter : « Il faut garder les commandements de Dieu. » Il faut encore examiner quels commandements sont confirmés, approfondis, accomplis ou transformés dans l’enseignement de Jésus et des apôtres.

La loi de Christ ne supprime pas toute exigence morale. Elle place le croyant sous l’autorité de Jésus et au service de l’amour, de la justice, de la vérité et de la miséricorde.


4. Respecter la conscience sans imposer ses pratiques

Un croyant peut observer le sabbat, certaines fêtes bibliques ou une discipline de dîme par conviction personnelle.

Paul appelle chacun à agir avec une pleine conviction, tout en refusant le mépris et le jugement mutuel.

Ces pratiques ne doivent toutefois pas devenir des conditions du salut ni des critères permettant de déterminer qui appartient véritablement à Dieu.

Ce qui compte en Jésus-Christ, écrit Paul, est :

« La foi qui est agissante par l’amour. »

— Galates 5:6

Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres.

Nous sommes sauvés par grâce, au moyen de la foi, afin de marcher selon l’Esprit, de pratiquer les œuvres que Dieu a préparées et de refléter de plus en plus le caractère de Jésus-Christ.



Note sur les citations bibliques : sauf indication contraire, les citations sont tirées de la Bible Louis Segond 1910. Lorsqu’un passage est abrégé, les omissions sont indiquées par des points de suspension entre crochets. Les reformulations et les résumés sont présentés comme des paraphrases et ne sont pas placés entre guillemets.